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Votation sur la patinoireVaucher: «C’est aussi la licence du HC Sierre qui est en jeu»
Le directeur de la Ligue Nationale est lucide: un refus de la nouvelle patinoire de 6500 places pourrait signifier la fin du hockey professionnel dans la Cité du Soleil.


S’il était sierrois, Denis Vaucher voterait en faveur de la nouvlle patinoire de 6500 places.
Claudio De Capitani/freshfocusLe 15 juin, les citoyens de Sierre auront dit oui ou non. Ils auront notamment dit oui ou non au projet d’une nouvelle patinoire de 6500 places (Valais Arena), à l’octroi d’un crédit d’engagement de 30 millions de francs (avec l’apport du canton du Valais et d’autres communes) pour subventionner ses coûts de construction et à l’octroi d’une subvention annuelle de 1,5 million de francs pour son exploitation.

Depuis des semaines, dans la Cité du Soleil, initiants et opposants récitent leurs arguments appris par cœur comme on mémorisait les poèmes choisis par Madame Salamin à l’école primaire. Les débatteurs alignent les chiffres en donnant une signification à des citations devenues célèbres comme celle-ci: «Les chiffres sont comme les gens. Si on les torture assez, on peut leur faire dire n’importe quoi.»
Aux Vidômes, au Château de Villa et ailleurs, à l’heure de l’apéro, la question n’est plus de savoir si le HC Sierre va recruter un nouvel étranger. Les partisans du «oui» corrigent les chiffres énoncés par les apôtres du «non». Et vice-versa.
Mais personne n’a inscrit ce dossier et ces chiffres dans une perspective nationale. Alors, on a pris rendez-vous avec Denis Vaucher, le directeur de la National League, pour qui le monde ne commence pas à Glarey, ne finit pas Granges et ne culmine pas à Muraz. Le dirigeant bernois, dont le bagage d’expérience coûterait une surtaxe pour surpoids au check-in, nous a reçu le 14 mai pour disserter très longuement et sans langue de bois sur les enjeux et les conséquences possibles de ce scrutin dans le prisme de la Ligue.
Denis Vaucher, savez-vous ce que les citoyens de la Ville de Sierre reçoivent dans leur boîte à lettres ce jeudi?
J’imagine que c’est le matériel de vote lié au projet de nouvelle patinoire porté par notamment par Chris McSorley.
C’est ça. Si vous étiez Sierrois, que voteriez-vous?
Oui, évidemment. Un oui enthousiaste.
Parce que le Valais manque à la National League et que ce projet est taillé pour la National League.

On parle d’une patinoire d’une capacité de 6500 places. Est-ce vraiment démesuré?
Pas du tout, mais alors vraiment pas du tout. En National League, avec ce stade, Sierre aurait l’un des plus petites patinoires de la catégorie de jeu.
Mais encore faut-il la remplir…
Je n’ai aucun doute là-dessus. Aujourd’hui, le championnat de National League, où la quasi-totalité des équipes évoluent dans des stades modernes dotés de confort, propose un produit attractif. Lors de la saison régulière 2024-2025, l’affluence moyenne était de 7365 spectateurs, ce qui signifie que le taux de remplissage était de 90,5%.
Dans ce lot, il y a Berne, Zurich et Lausanne notamment, des villes guère comparables avec Sierre…
Il y a aussi Ambri, qui est très comparable avec Sierre. Dans sa nouvelle patinoire, le club léventin a patiné devant une assistance moyenne de 6501 spectateurs et son taux de remplissage a été de 95,95%. Il y a également Fribourg, qui joue à guichets fermés depuis plus deux ans dans son enceinte de 9194 places, et ce même si plusieurs concurrents (Berne, Bienne et les SCL Tigers) sont situés dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres.
Ces clubs figurent au plus haut niveau du hockey suisse depuis au moins 40 ans. Ils ont eu le temps de fidéliser leur public…
J’ai des souvenirs formidables de la passion du public du HC Sierre qui remplissait régulièrement Graben dans les années 1980. Dans un stade moderne, les gens reviendront en nombre. Je n’ai pas la moindre crainte à ce sujet d’autant plus que, avec la proximité de plusieurs stations touristiques, Sierre pourra aussi aller chercher un public de loisirs désireux de vivre une expérience.
Encore faut-il obtenir sa place en National League?
Emmanuel, je pense que vous connaissez Chris McSorley depuis plus longtemps que moi: pouvez-vous imaginer, ne serait-ce qu’une seconde, qu’il s’installe à Sierre, s’entoure d’investisseurs sérieux, convainc les autorités d’embarquer dans le dossier, pour rester en Swiss League?
Mais c’est à vous de répondre!
Bien sûr que non. Il n’y a que la National League qui intéresse Chris McSorley. Et, le moment venu comme il l’avait fait avec Genève-Servette, il fera ce qu’il faudra pour y parvenir.
D’ici-là, si ce scénario devait se concrétiser, le HC Sierre continuera à jouer à Graben. Pourquoi la Ligue accorde-t-elle une licence de jeu à une équipe qui patine dans un stade aussi déglingué où la sécurité des joueurs et du public n’a pas toujours été garantie ces dernières années?
C’est vrai qu’un joueur qui tombe dans la fosse où la Rolba déverse «la neige» ou qu’une tribune cède sur le passage d’un journaliste qui bascule dans le vide, cela n’est pas ce que nous voulons. Mais la ville de Sierre a mis pas mal d’argent pour maintenir Graben en vie. Pour assurer la sécurité, la capacité du stade a été réduite de manière conséquente. Mais soyons clairs: notre commission des licences, qui est indépendante, n’aurait probablement pas accordé de licence de jeu au HC Sierre si le club n’avait pas présenté son dossier de nouvelle patinoire.
Vous parlez bien du dossier piloté par Chris McSorley?
Avez-vous connaissance d’un autre dossier?
Officiellement, non.
Concrètement, que se passerait-il, à la Ligue, si le projet d’une patinoire de 6500 places était rejeté par les citoyens sierrois le 15 juin?
Une fois de plus, la commission des licences est indépendante. Mais, à la lumière de mon expérience, je ne vois pas comment nous pourrions accorder une licence de jeu à une équipe qui ne répond plus à un critère, en l’occurrence infrastructurel, pour en obtenir une.
Un non pourrait donc être synonyme de la fin du hockey professionnel à Sierre, c’est ça?
C’est un scénario possible.
Quelle est votre vision idéale du hockey professionnel valaisan dans cinq ans?
Idéalement, il y aurait une équipe en National League et une autre, qui agirait comme partenaire, en Swiss League. Mais s’il y avait deux clubs en National League, on ne bouderait pas notre plaisir. Juste une chose…
Je tiens à saluer le travail opéré par l’ancien conseiller d’Etat Frédéric Favre, qui a consenti beaucoup d’efforts pour réunir les forces dans les rangs juniors. Aujourd’hui, le Valais a besoin d’une équipe en U18 Elite et en U21 Elite en travaillant ensemble.
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